L'Alsace le Pays

02 09 2005

FRANCIA (FRA)

 

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L'ensemble Al Qantarah a donné samedi soir un superbe concert à Feldbach

Comme les troubadours, ils se baladent avec ces instruments simples et légers

Roberto Bolelli, le chanteur et joueur de castagnettes. Un vrai comédien italien, qui fait vibrer les chansons d'amour avec humour

Entretiennent sur scène une joyeuse complicité pour interpréter cette musique ancienne accessible à tous les publics

Le public de Feldbach, tout comme celui de Strasbourg la veille, les a gratifiés de chaleureuses ovations

 

 

Viva la musica

 

 

FELDBACH. Le festival voix et route romane a fait escale samedi dans l'église romane du Sundgau. Avec l'ensemble Al Qantarah et sa musique traditionnelle de Sicile.

Des chants joyeux ou mélancoliques, des mélodies dansantes et rythmées, des pièces liturgiques : l'ensemble Al Qantarah a donné samedi soir un superbe concert à Feldbach. Cette formation de Bologne travaille le répertoire médiéval de la Sicile. Un répertoire riche en influences méditerranéennes où se mêlent les tonalités persanes, syriennes, arabes, byzantines, normandes et provençales… «Al Qantarah signifie pont en arabe», soulignent les quatre musiciens du groupe qui depuis quinze ans poursuivent leurs recherches sur la musique traditionnelle de cette île située au carrefour des cultures orientales et européennes. «Cette musique populaire, profane et sacrée, est en voie de disparition», regrettent-ils. Mais dans les bibliothèques, ils ont retrouvé des partitions qu'ils confrontent aux mélodies populaires collectées auprès des habitants les plus âgés. Et sur les fresques des églises italiennes ou les enluminures, ils observent la représentation des instruments anciens pour tenter de les reconstituer. Chercheurs en ethnomusicologie, ils sont aussi instrumentistes virtuoses.

Une joyeuse complicité

Comme les troubadours, ils se baladent avec ces instruments simples et légers, avec leurs luths, vielles, lyres, flûtes, cornemuses, tambourins, uds, dafs et autres zarbs. Sans oublier la guimbarde, «symbole de la musique de cette époque». Fabio Tricomi, qui dirige l'ensemble, en joue magistralement, en solo. Il passe des cordes aux percussions pour accompagner Roberto Bolelli, le chanteur et joueur de castagnettes. Un vrai comédien italien, qui fait vibrer les chansons d'amour avec humour : «J'ai débuté dans un groupe rock pour passer ensuite au folk», raconte-t-il. Fabio Accurso, le luthiste, est un concertiste remarquable tout comme Igor Niego, spécialiste des tambours. Et tous les quatre entretiennent sur scène une joyeuse complicité pour interpréter cette musique ancienne accessible à tous les publics. Comment retrouver l'authenticité de la musique médiévale, puisque le rythme n'est pas noté sur les partitions et que le temps a eu raison des instruments ? «Nous ne sommes pas des orthodoxes, mais plutôt borderline, en marge», disent-ils en riant. En tout cas, ils savent partager leur amour pour cette musique pleine de fraîcheur et de gaîté. Et le public de Feldbach, tout comme celui de Strasbourg la veille, les a gratifiés de chaleureuses ovations. Al Qantarah a ainsi brillamment ouvert ce 13e festival voix et route romane, consacré cette année à la musique italienne. Onze concerts sont programmés, du sud au nord de l'Alsace, jusqu'au 18 septembre, avec le soutien financier des collectivités locales. Neuf ensembles différents, tous sélectionnés pour leur qualité, sont invités à faire résonner les églises romanes d'Alsace des plus belles harmonies.

Elisabeth Schulthess